85

79

Les effets tardifs du traitement

Le traitement médical des jeunes personnes atteintes de cancer s’améliore chaque année. De plus en plus survivent, terminent leurs études et entrent dans l’âge adulte.

Le suivi

Les parents, l’équipe médicale, les professeurs et autres professionnels de l’éducation doivent être au courant que les traitements médicaux des cancers de l’enfant peuvent avoir des effets tardifs. Ils doivent être prêts à assurer un suivi en mettant en place des stratégies visant à encourager l’élève à surmonter ses éventuels handicaps d’apprentissage.

La chimiothérapie et la radiothérapie endommagent les cellules normales comme les cellules cancéreuses. Certains enfants retrouvent toutes leurs fonctions normales, tandis que d’autres rencontrent des problèmes.

Il pourra arriver que certains de vos élèves aient subi un traitement contre le cancer en bas âge ou il y a bien longtemps. Il est important que les établissements scolaires se transmettent ces informations, parce que ces problèmes peuvent ne pas se manifester pendant des années.

Les effets tardifs à connaître

L’irradiation crânienne, utilisée dans le traitement de tumeurs du cerveau et de certaines formes à haut risque de leucémie, présente un risque accru de problèmes d’apprentissage. On a observé chez certains enfants une baisse significative du QI (10-20 points) et de moins bons résultats à d’autres tests d’acquisition académiques. Les déficits spécifiques identifiés concernent l’intégration visuo-motrice, la mémoire, l’attention et les facultés motrices. Les compétences non verbales, comme le raisonnement abstrait, les compétences visuo-spatiales et les mathématiques sont particulièrement altérées par l’irradiation crânienne et la chimiothérapie intrathécale.

Les difficultés d’apprentissage les plus fréquentes peuvent poser problème pour :

  • La lecture (et la compréhension)
  • L’orthographe
  • L’écriture (incapacité à écrire de manière précise ou rapide)
  • Les mathématiques, en particulier les concepts nécessitant une mémoire à court terme, comme les tables de multiplication
  • La capacité d’attention ou la concentration : les enfants peuvent devenir hyperactifs ou distraits
  • La mémoire à court terme/le stockage de nouvelles informations et la rétention des connaissances

Il est recommandé que tous les enfants ayant subi ces traitements soient soumis chaque année à une évaluation neuropsychologique.

Bien souvent, les déficits d’apprentissage s’accroissent avec le temps, mais grâce à des évaluations efficaces et à des interventions adaptées, on peut en limiter l’impact.

Les effets secondaires physiques à long terme

On compte parmi les problèmes physiques susceptibles d’être des effets secondaires à long terme du traitement d’un cancer au cours de l’enfance : une fonction hormonale anormale entraînant un retard de croissance et une puberté précoce ou tardive, des lésions auditives, une infertilité, des problèmes cardiaques, pulmonaires, dentaires, oculaires et rénaux... Tous nécessitent un suivi et éventuellement d’autres traitements. Si l’établissement scolaire remarque un problème, il est indispensable de le faire savoir aux parents.

Les enfants ayant survécu à un cancer peuvent présenter un risque accru de tumeurs malignes plus tard. Leur famille et eux-mêmes supportent donc un autre fardeau après le traitement : l’inquiétude de la récurrence de leur maladie et du développement d'un autre cancer.

Le risque de problèmes psychologiques

De récents travaux de recherche montrent que les personnes ayant survécu à un cancer au cours de l’enfance présentent bien plus de risques psychologiques que ceux ayant survécu à d’autres maladies chroniques, mais qui ne mettent pas la vie en danger. Les frères et sœurs des enfants atteints de cancer présentent, eux aussi, un risque accru de problèmes psychologiques. Posséder ces connaissances permet de repérer des changements de comportement à signaler. Encore une fois, une évaluation et une intervention précoces peuvent limiter ces problèmes.

Le contenu de l'article vous a aidé?