85

79

Quelles émotions les élèves dont le frère/la sœur est atteint(e) de cancer peuvent-ils ressentir ?

Les frères et sœurs des enfants atteints de cancer passent aussi par une période difficile. Ils peuvent avoir un sentiment de culpabilité, de rejet, de peur ou d’anxiété. Il arrive également qu’ils se sentent déprimés.

Ainsi, ils réagissent parfois en développant des problèmes (résultats scolaires, comportement...) ou des symptômes physiques, comme des maux d’estomac ou de tête.

Tout comme pour l’enfant atteint de cancer, il ne faut pas oublier que si ces réactions sont « normales », elles sont susceptibles de freiner les progrès d’un élève. Par conséquent, il faut redoubler d’efforts pour l’aider à gérer la situation de manière moins négative ou néfaste.

Les réactions et problèmes les plus fréquents observés chez les frères et sœurs :

L’inquiétude pour leur frère ou sœur malade

Toute la famille est dévastée par le diagnostic de cancer. De leur côté, les enfants obtiennent généralement des informations sur leur frère ou sœur malade en dernier lieu, principalement de la part des grands-parents ou d’autres proches qui s'occupent d’eux pendant que les parents sont à l’hôpital. Bien souvent, la qualité et la quantité d’informations s’en trouvent altérées, ce qui entraîne des incompréhensions quant à la nature de la maladie et aux traitements.

La tristesse

Un diagnostic de cancer provoque un stress considérable et modifie la nature même d'une famille. De plus, les enfants reflètent souvent le niveau d’anxiété des autres membres de la famille, parents compris. C’est pourquoi leurs camarades peuvent avoir besoin de plus d’informations pour comprendre ce que leur ami(e) est en train de vivre.

La culpabilité

Certains enfants se demandent pourquoi ce n’est pas eux qui sont malades, ou se disent que c’est à cause d’eux que leur frère ou sœur est malade. Faites-les parler, cela aide souvent à résoudre les incompréhensions.

La jalousie, le sentiment d’être oublié

L’enfant atteint de cancer reçoit beaucoup d’attention de sa famille, de son entourage au sens large et du personnel de l’hôpital. Souvent, les parents doivent laisser leurs autres enfants à la maison ou avec des amis/proches pendant qu’ils s’occupent de celui qui est malade. Les journées de traitement deviennent ainsi des sorties « spéciales » pour les parents et le malade. L’école peut aider les frères et sœurs en leur permettant de se sentir importants, eux aussi. Les petites choses peuvent avoir de grands effets.

La colère

Petit à petit, le traitement fait son effet, et l’enfant a l’apparence et le comportement de quelqu’un qui est « en bonne santé ». Il arrive alors que les frères et sœurs aient du ressentiment, parce que l’on continue à lui apporter beaucoup d’attention. Les parents se plaignent souvent de problèmes de comportement de leurs autres enfants alors que le traitement se poursuit.

L’inquiétude quant à ce qui se passe à l’hôpital

L’inattention en classe est souvent signe d’une certaine préoccupation quant à ce qui se passe à l’hôpital. Après une journée de traitement difficile, il arrive que l’enfant rentre chez lui souffrant et/ou que le parent soit abattu, secoué. En cas de faible numération, l’enfant reste parfois à l’hôpital et le parent ne rentre pas. De même, quand l’enfant reste à l’hôpital parce qu’il n’est pas bien, ses frères et sœurs admettent bien souvent qu’ils s’inquiètent de son éventuel décès.

L’inquiétude que d’autres membres de la famille, en particulier les parents, soient atteints d’un cancer

Malgré la disponibilité et l’accessibilité d’informations précises et de ressources pédagogiques sur le cancer, il est surprenant de constater à quel point les idées reçues demeurent. Le cancer n’est pas contagieux et n’entraîne pas toujours la mort.

En réalité, de nombreux enfants atteints d’un cancer bénéficient d’un excellent pronostic. De même, la probabilité que d’autres membres de la famille se voient diagnostiquer cette maladie est faible.

La souffrance due à l’absence des parents

Cela prend du temps et beaucoup d’énergie de s’occuper d'un enfant malade, chez soi ou à l’hôpital. Malheureusement, cela signifie aussi que ses frères et sœurs en bonne santé doivent « faire avec » jusqu’à ce que la « crise » soit terminée. Cette situation implique pour eux un manque de soutien émotionnel et l’absence d'un adulte pour les aider à faire leurs devoirs ou autres. Étant donné que le traitement se poursuit parfois pendant deux ou trois ans, il peut avoir un effet considérable sur ces enfants.

L’inquiétude pour les parents

Difficile de voir quelqu’un que l’on aime aussi bouleversé par un problème sur lequel personne n’a le contrôle. Bien souvent, les frères et sœurs plus âgés de l’enfant malade se sentent « seuls » ou ressentent la nécessité de soutenir leurs parents en période de « crise », parce qu’ils ne veulent pas les inquiéter. Ils ont une certaine pression sur les épaules : ils doivent se comporter parfaitement ou assumer plus de responsabilités à la maison que les autres enfants de leur âge. En conséquence de l’énergie que leurs parents perdent en s’occupant de leur frère ou sœur malade, ils ont parfois besoin de chercher du soutien auprès de leurs amis et professeurs.

Le contenu de l'article vous a aidé?